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Origines des laobés du Sénégal

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D’après les recherches effectuées par les scientifiques africains, dont Cheikh Anta Diop, les Sow ou laobés) ne sont pas de souche peule, mais sont les descendants du peuple Saos, (photo d’une femme laobé du 20e siècle), bâtisseur d’une grande civilisation autour du Lac Tchad durant les IIe au Ve siècle apr. J.-C. (la civilisation Sao), dont les origines se situent dans la vallée du Nil (les Sow ou Saou étaient parmi les prêtres-guérisseurs, dans l’Égypte antique, le clergé d’Amon était appelé Sao). À la chute de leur civilisation, ceux-ci se sont dispersés, un rameau a suivi les Peuls partis du Soudan, alors en migration vers l’ouest (la vallée du fleuve Sénégal qui est l’un des grands foyers historiques des Peuls). Les Sow, étaient réputées pour leurs morphologies particulières, s’étaient un peuple de taille très hautes, homme comme femme dépassant très facilement les 1,80 mètre, aux membres très puissants et athlétiques, aux crane piriforme, comme l’atteste les statuettes Sao retrouvé au bord du lac Tchad. Caractéristique physique, qu’on retrouve chez les Sow aujourd’hui. Ils avaient un goût prononcé pour la danse, en particulier les femmes, qu’ils avaient presque sacralisées. Ils sont d’ailleurs au Sénégal, à l’origine de danse féminine très populaire. (Cf. Nations, nègres et cultures de Cheikh ANTA Diop,1954, Présence Africaine).

Les Sow se sont par la suite fondus dans l’ensemble Peul, et seraient à l’origine de cette caste Lawbés. Les Lawbés portant d’autres noms que Sow ne sont que des familles Peuls ayant intégré cette caste suite aux interactions, et vice-versa, raison pour laquelle un grand nombre de Peuls portent le nom Sow, particulièrement en Guinée, Sénégal et au Mali. Les Béti du Gabon et du Cameroun et leur culte So qui reprend le même rituel du Bélier d’Amon des Sao, ainsi que les Bakokos du Cameroun du groupe Bassow avec leur nom totémique Nsow, comptent également parmi les descendants des Sow. Les Sow du Mali et du Burkina Faso portent souvent le nom Sidibé.

La légende :

Une légende peule explique l’origine des Laobés, celle des trois frères Dicko : Hammadi Labbo, Samba Pullo, Demba Bambado. La légende raconte que les Laobés sont issus de trois frères germains, tous bergers peuls. Une période de forte sécheresse ayant décimé leurs troupeaux, deux des frères prièrent Dieu de leur accorder d’autres fonctions pour subvenir à leurs besoins. Ils furent entendus et Dieu donna au frère Dicko Labbo le métier d’artisan du bois (LawBe), à Dicko Bambado, celui de conteur et guitariste (Bambado). Le troisième frère resta berger, mais promit de donner à ses frères, sans qu’ils aient à demander, le lait et la viande. Ils se différencient des Peuls uniquement de par leur métier. Ils parlent la même langue et ont le même type physique. Les ornements et les coiffures sont les mêmes. Les Peuls et les Laobés sont très liés, car ils partagent la même origine. Mais ces Peuls boisseliers, notamment les Worworbe qui pratiquent le nomadisme, sont si indépendants qu’on les considère très souvent, à tort, comme une ethnie à part.

Spécialités :

Les Laobés sont traditionnellement spécialisés dans l’artisanat, la sculpture sur bois. Ce sont eux qui fabriquaient les armes de combat (complétées par les forgerons), le matériel agricole, les ustensiles de cuisine, les ardoises pour l’école coranique (expliquant le traditionnel cousinage entre les Laobés et les maîtres coraniques). Traditionnellement ils vivent à la périphérie des villages, lorsqu’on leur permettait de s’y établir, ou dans la brousse où ils collectent le bois, dans des cases ou huttes temporaires. D’autres nomadisent avec les Peuls pasteurs. Proches de la nature, ils étaient spécialistes dans le domaine des plantes médicinales. En temps de guerre, les Laobés étaient parfois de redoutables coupeurs de routes. Ils chassaient les éléphants, pour leur ivoire, dont ils se servaient aussi pour leur production. Ils se déplaçaient toujours en famille, et accompagnés de leurs chiens qui les prévenaient du moindre danger.

Patronymes : Sow, Gadiaga ou encore Dioum

Sources :

les manuscrits de Bornou,

Nations, nègres et cultures de Cheikh ANTA Diop,1954, Présence Africaine

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