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Face au variant omicron, les frontières européennes se referment

Comme au printemps 2020, les pays de l’Union européenne ont vite décidé de rétablir des mesures de contrôle à leurs frontières intérieures, à rebours du droit communautaire.

Le «passeport sanitaire» – et l’obligation vaccinale qu’il implique – est-il en train de vivre ses derniers jours ? Totalement paniqués par l’apparition du variant omicron, dont la létalité semble pourtant, selon les autorités sud-africaines qui l’ont les premiers identifié, proche de zéro, plusieurs Etats européens ont rétabli unilatéralement des mesures de contrôle à leurs frontières intérieures. Un mouvement inquiétant qui rappelle la cacophonie de mars 2020.

Ainsi, pour entrer en Irlande, en Italie, en Grèce et au Portugal, il faut désormais montrer un bon vieux test PCR négatif, à l’image de ce qu’a décidé l’administration du Conseil des ministres de l’Union européenne, ou se résoudre à une quarantaine. La France a pris la même mesure pour les voyageurs en provenance du Royaume-Uni, limitant même les entrées aux déplacements «essentiels». La vaccination n’aura donc été un sésame permettant un retour à la vie normale que durant quelques mois…

Plusieurs chefs de gouvernement ont profité du sommet européen organisé ce jeudi pour faire part de leur inquiétude devant cet irrésistible mouvement de fermeture de frontières qui, cerise sur le gâteau, viole le droit européen. En effet, non seulement le «certificat sanitaire» créé en juin établit une équivalence entre la vaccination, le test PCR ou le rétablissement du Covid-19, mais il avait été prévu, en cas de mesures supplémentaires nécessaires, que l’on consulte ses partenaires… Autant dire qu’il s’agit encore une fois d’un franc succès européen.

Mais le pire est ailleurs : dans le message envoyé aux populations que la vaccination ne sert pas à grand-chose puisqu’elle protégerait moins de la contagion et de la transmission qu’un banal test PCR, alors que c’est plutôt l’inverse. En clair, elle ne serait plus qu’une mesure de protection personnelle qui, de plus, est loin d’être absolue. Dès lors, si l’on est en bonne santé et qu’on a moins de 70 ans, pourquoi se faire vacciner ?

Fausse impression de sécurité

Le certificat sanitaire, transformé en passeport dans certains Etats, dont la France, pour avoir accès à certains commerces et services, perd aussi son sens puisqu’il donne une fausse impression de sécurité, comme le reconnaissent les pays exigeant un test PCR. De même, le débat sur l’obligation vaccinale devient lunaire puisque celle-ci n’a de raison que si elle permet d’éradiquer la maladie. Or, le rétablissement des tests PCR est la reconnaissance implicite que cela ne sera jamais le cas, exactement comme pour la grippe contre laquelle il existe un vaccin à la réussite très variable, ce qui explique qu’il n’a jamais été question de le rendre obligatoire.

Il ne s’agit pas ici de trancher ces questions, dont la plupart relèvent du domaine scientifique, mais de souligner à quel point les Etats qui veulent à tout prix montrer qu’ils agissent, prisonniers d’une politique sanitaire autoritaire qu’ils ont mise en œuvre au printemps 2020, en arrivent à prendre des décisions qui minent leur crédibilité et celle de leurs partenaires. D’autant que l’expérience a montré qu’un contrôle frontalier par nature aléatoire ne pouvait bloquer un virus, comme le reconnaissent enfin l’Australie et la Nouvelle-Zélande qui ont été le plus loin dans la poursuite fantasmatique du «zéro Covid».

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